Les concurrents de l’iPad misent sur Flash

11 mars 2010

En ne prenant pas en charge la technologie Flash d’Adobe, l’iPad et Apple ont laissé la porte grande ouverte à la concurrence. Après OpenPeak et l’OpenTablet, c’est désormais au tour d’HP de présenter sa tablette numérique, Slate. Et Adobe ne boude pas son plaisir en publiant une vidéo démontrant que le Flash peut tout à fait tourner sur ces nouveaux supports. Et c’est maintenant une véritable autoroute qui s’ouvre devant les rivaux d’Apple sur ce marché semble-t-il porteur.

Steve Jobs s’était pourtant employé à faire de Flash une technologie dépassée, allant jusqu’à qualifier les ingénieurs d’Adobe de fainéants. De tels propos, parfois virulents, cachaient tant bien que mal la véritable raison de la guerre lancée par Apple, à savoir la possibilité de développer des applications Flash gratuites pouvant nuire au succès de celles proposées à la vente sur l’AppStore. Où comment l’opportunisme économique a fait commettre une erreur grossière au patron d’Apple.

Le coup fatal qui devait être porté à Adobe reposait sur un argument simple : Flash consomme trop d’énergie et réduit la longévité des batteries. C’est un fait et la charge n’est pas dénuée de bon sens. La solution alternative préconisée alors par Steve Jobbs est d’utiliser le HTML 5. Mais des tests récents ont comparé Flash au HTML 5 et les résultats sont pour le moins surprenants et, surtout, ne vont pas faire plaisir au patron d’Apple. Si Flash est gourmand en énergie, le HTML 5 l’est encore plus !

A force de trop manier le bâton, celui-ci se retourne à la manière d’un boomerang contre celui qui le manie trop volontiers. Bien sûr, le succès de l’iPad et son diagnostic vital ne semblent pas engagés, mais à défaut de faire l’unanimité ou de révolutionner le marché, le dernier né d’Apple semble d’ores et déjà voué à un avenir moins rose que l’iPhone.

Car sur le Web, Flash est omniprésent. Alan Tam, responsable marketing de Flash chez Adobe lance ainsi la contre-offensive : « 85% des sites Web et 75% des vidéos sur Internet utilisent Flash. Grâce au Flash, la tablette HP Slate permet d’accéder à l’ensemble du Web. »

Dans la vidéo ci-dessous, Adobe et HP enfoncent le clou et tapent là où Apple a sans doute commis une grave erreur stratégique. Désormais, les consommateurs devraient y réfléchir à deux fois avant d’acheter l’iPad. Et l’on imagine fort probable que même les fidèles mangeurs de pomme hésiteront avant d’acheter une tablette qui, par nature, rend inaccessibles bon nombre de contenus sur le Web.

Surtout que d’autres fabricants ne tarderont pas à présenter leurs propres tablettes, Microsoft, Asus et Acer en tête. Nintendo pourrait même entrer dans la danse avec une DS XL. Il faudra sans doute attendre de voir les capacités de ces autres supports avant de décerner l’oscar de la meilleure tablette. Un prix qui semble en tout cas s’éloigner de Cupertino, le siège social d’Apple.

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Google Chine recrute

3 mars 2010

google-chineSi Google ne passera pas par Pékin lors de sa tournée asiatique de présentation du Nexus One, les relations entre la firme de Mountain View et la Chine semble s’apaiser après la vague de piratage qu’a subi le géant du Web et les menaces de quitter la Chine si celle-ci ne revenait pas sur sa politique de filtrage d’Internet.

En effet, Google Chine a lancé une campagne de recrutement d’une quarantaine d’ingénieurs, responsables des ventes, et chercheurs à Shanghai, Ghangzhou, et Pékin, preuve qu’après l’ultimatum lancé en janvier dernier le groupe ne compte finalement pas se retirer de Chine et continuera de se conformer aux exigences du gouvernement chinois.

Pour l’analyste Li Zhi, de la société Analysis International, Google est en train de résoudre le différend qui l’oppose au gouvernement chinois depuis la désormais célèbre affaires des cyber attaques contre nombre de comptes Gmail. Mais il est encore trop tôt pour affirmer que Google a obtenu gain de cause et pourra fournir des résultats de recherche non filtrés.

D’autant que les médias chinois ont récemment critiqué le partenariat entre Google et la NSA (National Security Agency), cette-dernière devant aider Google à analyser les piratages dont il a fait l’objet récemment.

Même si une telle alliance n’a rien de nouveau, des agents de sécurité d’une autre société américaine, Cisco, travaillant déjà au sein de Google, elle pose la question de l’opportunité pour Google de donner à ces sociétés la possibilité de réunir de nombreuses informations sur les internautes chinois, les plus nombreux au monde avec environ 384 millions d’utilisateurs d’Internet.

Pour le professeur Zhou Yongbin, de l’Académie des Sciences, une telle coopération n’est pas loin de relever de l’espionnage. Dans ces conditions, nul doute que les relations entre Google et la Chine, si elles s’améliorent, ressemblent plus au mariage de raison qu’à l’union sacrée.

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Le Web rapproche les internautes de Chine et de Taiwan

1 mars 2010

ipeen-web-internetSouvent décrié, le Web n’en reste pas moins un outil d’ouverture, même là où on ne l’attend pas. Récemment pointée du doigt pour sa politique de filtrage d’Internet, la Chine, ou plutôt les jeunes chinois, s’ouvre au reste du monde et notamment à Taiwan, son ennemi juré, grâce au phénomène dénommé « Taiwan veut savoir », lancé par les sites web QQ.com et ipeen.com.tw.

De plus en plus nombreux, de jeunes citoyens des deux pays s’intéressent à leurs voisins dont la vision et la compréhension sont troublées par l’information relayée par les médias dits traditionnels comme la presse écrite, la radio ou la télévision. C’est un peu comme si à l’époque du mur de Berlin, de jeunes étudiants de l’Est et de l’Ouest avait communiqué entre eux. Si c’avait été le cas, il est assez probable que l’Allemagne se trouvât réunifiée bien avant 1989.

S’il est encore trop tôt pour parler de détente et de rapprochement entre la Chine et Taiwan, les futures générations transformeront vraisemblablement l’essai marqué par ces deux sites internet.

A-travers ces deux portails web, des jeunes d’une vingtaine d’années en moyenne se parlent et échangent leurs points de vues dans deux mondes que l’histoire oppose depuis plus de 50 ans. Rien de révolutionnaire techniquement puisqu’il s’agit de sites où les participants peuvent publier leur profil, photos à l’appui, et communiquer avec les autres membres du site. Mais c’est bien le fait qu’un pont se soit érigé entre la Chine et Taiwan qui est remarquable en l’espèce.

La plupart des échanges portent sur des questions relatives aux études, au travail et au divertissement. Rien de très politique, mais ce premier lien tissé posera inévitablement les bases politiques de demain.

Yeh Hui-ching, le responsable du site taïwanais, précise que depuis son lancement, les connexions depuis la Chine ont triplé. Mieux, sur les forums chinois, on parle de plus en plus de ces deux sites et, donc, de la possibilité de briser la barrière du silence dressée jusqu’alors entre les deux pays.

Et le constat n’a rien de surprenant finalement : Yeh déclare que « plus les jeunes apprennent à se connaître via Internet, plus ils trouvent des similitudes entre eux. Certains sont même devenus amis ».

« Nous sommes très curieux de découvrir comment les choses se passent de l’autre côté, mais il y a peu de sites web facilitant la communication entre les jeunes des deux pays », affirme Hsu Zih-yun, une utilisatrice du site de 24 ans résidant à Taipei.

Du côté chinois également, on se rend compte de cette opportunité qu’offre le Web pour échanger aujourd’hui et construire les relations de demain entre les deux pays. « Ce n’est qu’un début. On se rend compte que les jeunes du continent et ceux de Taiwan désirent se parler encore plus. Ils ne se fient plus à la télé, aux films, ou aux publications habituelles », souligne Li Chun, le responsable du site web chinois QQ.com. « Aujourd’hui, nous avons besoin de nouveaux sites, plus créatifs, afin de renforcer la compréhension mutuelle entre nos deux nations », continue-t-il.

Espérons que le Web continue d’être cet espace de communication incroyable, sans frontières, et que grâce aux échanges qu’il permet, des relations plus paisibles et plus rationnelles se construisent. Ce n’est peut-être qu’une utopie, mais elle a le mérite de donner un espoir à ceux qui ne trouvent à Internet que des défauts.

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Les 50 millions de messages quotidien sur Twitter, c’est l’arbre qui cache la forêt

24 février 2010

twitter-humour-mort1Le site web communautaire Twitter va faire parler de lui ces jours-ci. Annoncé par une équipe d’analyse de la société et repris sur de nombreux sites et blogs, le réseau social génèrerait près de 50 millions de tweets (gazouillis) par jour. Soit 600 messages à la seconde pour cette plateforme de microblogging.

Quasi-unanimement, Twitter est ainsi fêté pour son succès grandissant et fulgurant. Un succès auquel les louanges un peu rapides faîtes à ce site pendant les manifestations en Iran ne sont sans doute pas étrangères, tout comme le sont les participations de Barack Obama, Bill Gates, et plus généralement les grands de ce monde. En tout cas, c’est ce qui a largement contribué à populariser Twitter, plus que le principe du site qui, avouons-le, n’est pas passionnant.

Mais, il faut garder une chose à l’esprit : il est aisé de faire dire au chiffre à peu près tout et n’importe quoi. 50 millions, cela paraît astronomique ! A y regarder de plus près en revanche, on est finalement assez loin du raz-de-marée annoncé sur le web. Car même si les spams ne sont officiellement pas pris en compte dans les statistiques avancées, il y a quelque chose que Twitter ne nous dit pas…

Pour comprendre ce quelque chose, il faut remonter au 19ème siècle et aux études de l’économiste italien Vilfredo Pareto. Ce dernier avait remarqué que seulement 20% de la population italienne de l’époque possédait plus de 80% de l’ensemble des richesses du pays. En d’autres termes, 20% des causes impliquent pas moins de 80% des conséquences. Pareto en tirant un principe systématique.

Le principe de Pareto, tel qu’on l’appelle aujourd’hui, se décline dans de nombreux domaines et peut tout à fait s’appliquer à Twitter pour relativiser le chiffre publié.

Des analystes de la société Nielsen ont étudié l’activité de Twitter en Grande Bretagne au mois de janvier. Ils ont ainsi découvert qu’un nombre infime de personnes – environ 7% – représentent au total plus de 80% des tweets envoyés. Le principe de Pareto tient bon ; il est même dépassé !

D’ailleurs, une étude de RJMetrics montre que 80% des utilisateurs de Twitter s’inscrivent au site, postent un moyenne de 10 messages, avant d’abandonner leur compte. En décembre dernier, sur les 75 millions d’inscris que compte Twitter, seulement 17% d’entre eux postèrent au moins un message.

Mais il y a plus ! Dans une étude récente, HubSpot souligne que le nombre de nouveaux inscrits sur Twitter est en très forte baisse. De 13% de nouveaux inscrits en mars 2009, on est passé à 3,5% en octobre dernier. Une hécatombe !

Pour résumer, si Twitter a bel et bien connu une ascension vertigineuse (on ne comptait que 5.000 tweets par jour en 2007) et qu’il possède des utilisateurs réguliers qui postent beaucoup et souvent, le modèle semble s’essouffler tant Twitter a du mal à trouver de nouveaux membres et, surtout, à les garder. L’oiseau n’est pas mort, loin de là, mais il a perdu quelques plumes au cours des derniers mois.

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