Après le Nexus One destiné à concurrencer l’iPhone d’Apple, Google se lance à l’assaut d’un autre géant, le réseau social Facebook. A l’instar de Yahoo, la firme de Mountain View va mettre à jour son programme de messagerie électronique, Gmail, afin d’ajouter des outils sociaux similaires à ceux que l’on peut trouver sur Facebook ou Myspace.
Google lance un nouveau service, Google Buzz (voir la vidéo de présentation, en anglais, ci-dessous), et va ainsi intégrer le partage de photo et vidéo dans Gmail, ainsi qu’un nouvel outil pour voir le statut de ses utilisateurs. Hier, Google tenait une conférence de presse à son siège de Mountain View, en Californie, pour faire le point se ce nouvel éventail de fonctionnalités.
Google reste de loin le site web le plus visité au monde, avec 173 millions de visiteurs américains en Décembre, soit une hausse de 16% par rapport à décembre 2008. Mais voilà , Facebook est tout proche, rêvant probablement de devenir calife à la place du calife.
Facebook était ainsi le quatrième site web le plus visité aux Etats-Unis en Décembre, avec
111,8 millions de visiteurs, une hausse de 105% par rapport à l’année précédente.
Si Google peut faire faire plus de choses aux utilisateurs de Gmail, il pourra engendrer plus de revenus publicitaires avec Google Ads parce que le temps passé sur ses services sera accru.
Que Google puisse sentir le souffle de Facebook derrière lui a du sens. Nombreux sont les anciens dirigeants de Google qui travaillent maintenant chez Facebook, notamment Sheryl Sandberg, qui contribua à bâtir le lucratif système de pay-per-click Google AdWords. Ce n’est donc pas une surprise si Facebook possède aujourd’hui son propre système de publicités.
Facebook invite ses membres à partager des photos, des vidéos et à mettre à jour leur statut
sur la page d’accueil de leur profil. Les annonceurs peuvent alors diffuser des annonces ciblées par âge, sexe, pays et plus encore. Par exemple, les photographes peuvent diffuser leur annonce publicitaire sur le profil de femmes sur le point de se marier dans un lieu géographique déterminé.
« Au départ, Google n’a pas tout à fait compris les médias sociaux et leur importance », explique Greg Sterling, analyste chez Sterling Market Intelligence. Les choses ont changé. Les réseaux sociaux sont devenus une religion chez Google, et « ils ont depuis lors tenté d’ajouter plus d’éléments interactifs et participatifs à leurs services, car le Web a évolué vers un concept plus social. »
Google n’en est d’ailleurs pas à sa première tentative dans le domaine des réseaux sociaux : malgré le succès connu au Brésil, le réseau Orkut, bien que lancé avant Facebook, n’a pas réussi à remporter l’adhésion espérée ; le rachat de Jaiku, le principal concurrent de Twitter, s’est lui aussi soldé par un échec.
Cette fois-ci, Google met le paquet et se sert d’un de ses services les plus populaires comme base à sa conquête du web 2.0. Gmail et ses 176 millions d’utilisateurs représente en effet un point d’ancrage plus qu’intéressant. D’ailleurs, Todd Manager, responsable produit chez Google, affirme, confiant, qu’il y a « toujours eu un géant social sous Gmail. »
Malgré tout, Greg Sterling pense que l’introduction d’outils sociaux à Gmail ne présente aucune garantie de réussite. « Gmail est un bon produit en l’état. Je ne suis pas sûr qu’ajouter ces outils apportera quelque chose, si ce n’est rendre Gmail plus complexe. »
Par exemple, Google a récemment ajouté une nouvelle fonction de recherche sociale, qui peut
en partie vous montrer les résultats obtenus par les personnes se trouvant dans votre cercle social.
Pour participer, les utilisateurs de Google doivent d’abord remplir un profil, similaire à Facebook, qui énumère leurs intérêts, leurs contacts et leurs amis. Mais contrairement à Facebook, remplir ce profil n’a rien d’obligatoire. Dans ces conditions, peu nombreux sont ceux qui ont ajouté leurs informations à leur profil Google.
Rien ne laisse imaginer que Google devienne un concurrent sérieux de Facebook. Au contraire, le raté relatif du Nexus One, téléphone mobile sensé concurrencer l’iPhone d’Apple, a montré que Google aussi pouvait commettre des erreurs stratégiques.
La partie s’annonce d’autant plus serrée que de son côté, Facebook a récemment annoncé l’amélioration de ses services, notamment la création d’un service de messagerie électronique et un système de chat plus performant. Jabber permettra ainsi à ses utilisateurs de combiner Facebook avec d’autres plateformes de messageries instantanées.
Devant la multiplication des réseaux sociaux, l’enjeu est donc bien là : unifier tous ces outils sur une plateforme unique. C’est en tout cas le pari d’ores pris par Google Buzz. Même si ce nouveau service ne permet pas, pour l’heure, d’ajouter les contenus de Facebook, les personnes en contact sur Google Buzz pourront en revanche suivre leurs messages postés depuis Twitter.
En améliorant ce nouveau service, Google pourrait peut-être devenir ce lien, ce chainon manquant entre tous les réseaux sociaux existant, mais nul doute qu’avec 400 millions de visiteurs uniques par mois, Facebook possède d’emblée une longueur d’avance sur la firme de Moutain View.
Mais en fin de compte, peu importe l’ampleur qu’atteindra Facebook par la suite, personne ne semble en mesure de concurrencer Google sur le cÅ“ur de son activité : la recherche sur Internet.
La vidéo de présentation de Google Buzz :
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Google Buzz contre Facebook : le choc des titans
Mercredi 10 février 2010Mots-clefs : facebook, gmail, Google, google buzz, internet, réseau social, web, web 2.0.
Publié dans Pause-café | Aucun commentaire »
