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Internet Explorer met fin à l’hémorragie

Samedi 12 mars 2011

Alors que la sortie de la nouvelle version de son navigateur est annoncée pour ce lundi 14 mars, Microsoft peut se féliciter des derniers chiffres publiés par AT Internet concernant les parts de marchés des navigateurs Web. Internet Explorer connaît en effet sa première hausse après plusieurs mois d’une dégringolade vertigineuse. De situation de quasi monopole, Internet Explorer est désormais rentré dans le rang et n’occupe plus « que » la moitié du marché.

Mais finalement, de cette situation où il figurait comme le navigateur quasi exclusif du Web, la chute d’IE n’avait rien d’imprévisible : d’abord la concurrence de Mozilla Firefox, ensuite celle de Google Chrome, et enfin le renouveau d’Apple – et donc de Safari – après des années 1990 où la popularité de la marque à la pomme était en berne : ces différents paramètres ne pouvaient qu’annoncer la fin du règne absolu de Microsoft.

Restait donc à savoir quand s’arrêterait ce déclin annoncé. Un premier élément de réponse nous vient donc des statistiques d’utilisation des navigateurs internet.

En Europe d’abord, et pour le mois de janvier dernier, Internet Explorer ne recule plus. Pour la première fois depuis des mois, le navigateur résiste à l’érosion, en affichant 49,1% de parts de marché. Des chiffres somme toute honorables si l’on précise que son dauphin, Firefox, se trouve loin derrière avec une part de visites de 29,5%, et connait sur un an une stagnation qui vient mettre fin à une hausse constante depuis son lancement. Si Chrome connaît la plus forte hausse sur une année, il n’en reste pas moins à 10,9% de parts du marché européen.

Dans le monde ensuite, Internet Explorer reste leader avec 56,7%, avec une progression annuelle de 0,8% face à Firefox qui après une chute de 1% reste loin derrière, à 21,7% de parts de marché.

Un deuxième élément de réponse face à cette vitalité retrouvée d’Internet Explorer réside dans le fait que plus d’une entreprise sur deux choisit le navigateur de Microsoft pour équiper ses postes informatiques. A ce titre, il est frappant de constater que l’utilisation d’Internet Explorer est bien plus importante en semaine que le week-end.

Signalons enfin le remplacement progressif d’IE6 au profit des versions les plus récentes d’Internet Explorer.

Nul doute que Microsoft espère voir là des signes encourageants en vue de la sortie officielle de son nouveau fleuron : Internet Explorer 9. Douze mois après le lancement de sa version bêta, téléchargée 36 millions de fois, le lancement d’IE9 aura lieu à l’occasion du festival SXSW à Austin, au Texas.

Apple, maître censeur des applications iPhone et iPod

Lundi 19 avril 2010

mark fiore caricature pulitzer 300x216 Apple, maître censeur des applications iPhone et iPodUne nouvelle affaire de censure pourrait écorner l’image d’Apple. Malgré les excuses de Steve Jobs en personne, la polémique née du refus d’homologation de l’application iPhone du dernier prix Pulitzer a déclenché une véritable levée de boucliers outre-Atlantique.

En France, à part quelques articles timides sur le Web, la nouvelle est passée quasi-inaperçue dans des médias habituellement diserts sur le géant de l’informatique. A croire que la critique de la firme de Cupertino ne fait pas vendre autant de papier que le matraquage publicitaire auquel nous avons récemment eu droit lors de l’annonce de l’iPad ? Ce n’est pourtant pas la première fois que la marque à la pomme prend une décision arbitraire et contestable à l’égard d’un éditeur de contenu. Il nous a paru intéressant de nous arrêter sur ce phénomène le temps d’un article.

Avec l’iPhone ou l’iPod Touch, Apple a bien évidemment réalisé des objets dont les qualités ne peuvent être remises en causes. Notre propos ne se situe pas là tant l’ergonomie et la simplicité de ces produits semblent faire l’unanimité. En revanche, l’obligation de passer par l’App Store pour ajouter un logiciel nous paraît plus contestable, encore plus lorsqu’elle s’accompagne d’un contrôle arbitraire des mœurs et de l’utilité dudit logiciel.

Pour bien comprendre, il faut en venir aux sources du problème : les conditions d’utilisation du service. Avant qu’une application ne soit téléchargeable sur l’App Store, celle-ci doit être validée par Apple. La société de Cupertino s’érige alors en censeur des contenus auxquels les utilisateurs de l’iPhone pourront avoir accès. Par exemple, en plus de contrôler la sécurité des applications et leur conformité avec les intérêts des opérateurs partenaires, une application dont le contenu sera considéré obscène, pornographique ou diffamatoire se verra refusée par Apple.

En 2008, Apple avait ainsi recalé le logiciel Comic Reader censé faciliter la lecture de bandes dessinées sur iPhone et iPod Touch. Seule disponible lors de la soumission du logiciel à Apple, la BD Murderdrome avait valu un refus au développeur de l’application au motif qu’elle était trop violente.

Apple faisait donc un premier pas vers une activité purement rédactionnelle, choisissant les contenus ayant droit de cité sur ses appareils. Qu’une entreprise privée choisisse elle-même les applications disponibles sur ses produits relève de son droit le plus strict.

Ce qui fait débat en l’espèce, c’est l’opportunité de cette censure a priori. Car pour protéger la « sécurité morale » de ses utilisateurs, Apple choisit arbitrairement les logiciels disponibles sur ses plateformes. La frontière pour départager un contenu obscène ou diffamatoire d’un contenu acceptable étant nécessairement à géométrie variable d’une personne à l’autre, les clients d’Apple se soumettent de facto aux décisions de leur gourou Steve Jobs.

Quelques semaines plus tard, un développeur proposât sur l’App Store un simulateur de pets. Nouveau refus d’Apple. Le motif : « nous avons déterminé que l’application est d’utilité limitée pour la communauté d’utilisateurs d’iPhone et iPod Touch, et ne sera pas publiée sur l’App Store ».

Même si cette décision paraît plus compréhensible sur le fond, c’est le motif retenu par Apple qui fait problème : là encore, où se situe la frontière entre un logiciel utile et un logiciel inutile ? En l’occurrence, refuser l’application est une chose. La qualifier d’inutile en est une autre. En se faisant ainsi le juge des bonnes mœurs et de l’utilité des applications iPhone et iPod Touch, Apple semble pratiquer une activité bien différente de celle qui a fait sa réputation : fabriquant de matériels et applications informatiques.

Steve Jobs fait amende honorable

La dernière polémique en date remonte au mois de décembre dernier. Le caricaturiste Mark Fiore s’était vu interdire son application iPhone, NewsToons, dont le but était de diffuser de petites animations publiées notamment sur le site SFGate.com.

Pour Apple, l’application était jugée offensante pour des personnalités publiques qu’elle tournait en dérision. Satire d’accord, mais encore faut-il qu’elle reste politiquement correcte. C’est en tout cas ce que semblait dire la société de Steve Jobs.

Cette affaire qui aurait dû en rester là a pris une autre tournure lorsque Mark Fiore a obtenu le prix Pulitzer dans la catégorie dessin de presse. Au passage, il s’agit là du premier prix décerné à un journaliste dont l’activité se situe exclusivement sur le Web. En effet, depuis 1999, ce caricaturiste s’est détourné de la presse papier pour ne publier ses œuvres que sur internet.

La mésaventure du lauréat 2010 du Pulitzer a suscité l’émotion dans la presse américaine, celle-ci fustigeant la décision d’Apple. D’autant que grâce à son statut d’hébergeur selon le Digital Millenium Copyright Act (DMCA), Apple est protégé contre toute poursuite pour diffamation aux Etats-Unis, au cas où les fameuses caricatures auraient été en effet diffamatoires.

Un argument quoiqu’il en soit dérisoire puisque le jury du Pulitzer les a jugé tout à fait acceptables et même mieux, les a couronné d’un prix très convoité.

Devant la vindicte populaire, fait rare, Apple a fait machine arrière, Steve Jobs répondant lui-même à un email lui demandant de justifier la décision de refus : « c’est une erreur qui a été corrigée ». L’application NewsToons devrait donc rapidement être disponible sur l’App Store.

Une volte-face qui a été jusqu’à gêner l’intéressé. Mark Fiore déclarait récemment se sentir mal à l’aise : « Je me suis senti un peu coupable. J’ai un traitement de faveur parce que j’ai le Pulitzer » reconnaissait-il dans un entretien avec le Wall Street Journal.

Avant lui, d’autres caricaturistes avaient vu leurs applications initialement rejetées avant qu’Apple finisse par les accepter. Tom Richmond dû aller au clash sur le Web pour voir ses dessins satiriques accessibles sur iPhone et iPod Touch. Daryl Cagle fut quant à lui contraint de se battre pendant plusieurs mois pour être accepté sur l’App Store.

Cette politique très contestable d’Apple nous fait espérer que ses concurrents ne tomberont pas dans de telles dérives. Gageons que Google ou Microsoft sauront apporter plus de souplesse pour la disponibilité des applications publiées sur leurs téléphones mobiles, surtout lorsque celles-ci touchent de près ou de loin à la politique, un domaine dans lequel Apple semble ne vouloir prendre aucun risque malgré la protection que lui confère le DMCA.

Les concurrents de l’iPad misent sur Flash

Jeudi 11 mars 2010

En ne prenant pas en charge la technologie Flash d’Adobe, l’iPad et Apple ont laissé la porte grande ouverte à la concurrence. Après OpenPeak et l’OpenTablet, c’est désormais au tour d’HP de présenter sa tablette numérique, Slate. Et Adobe ne boude pas son plaisir en publiant une vidéo démontrant que le Flash peut tout à fait tourner sur ces nouveaux supports. Et c’est maintenant une véritable autoroute qui s’ouvre devant les rivaux d’Apple sur ce marché semble-t-il porteur.

Steve Jobs s’était pourtant employé à faire de Flash une technologie dépassée, allant jusqu’à qualifier les ingénieurs d’Adobe de fainéants. De tels propos, parfois virulents, cachaient tant bien que mal la véritable raison de la guerre lancée par Apple, à savoir la possibilité de développer des applications Flash gratuites pouvant nuire au succès de celles proposées à la vente sur l’AppStore. Où comment l’opportunisme économique a fait commettre une erreur grossière au patron d’Apple.

Le coup fatal qui devait être porté à Adobe reposait sur un argument simple : Flash consomme trop d’énergie et réduit la longévité des batteries. C’est un fait et la charge n’est pas dénuée de bon sens. La solution alternative préconisée alors par Steve Jobbs est d’utiliser le HTML 5. Mais des tests récents ont comparé Flash au HTML 5 et les résultats sont pour le moins surprenants et, surtout, ne vont pas faire plaisir au patron d’Apple. Si Flash est gourmand en énergie, le HTML 5 l’est encore plus !

A force de trop manier le bâton, celui-ci se retourne à la manière d’un boomerang contre celui qui le manie trop volontiers. Bien sûr, le succès de l’iPad et son diagnostic vital ne semblent pas engagés, mais à défaut de faire l’unanimité ou de révolutionner le marché, le dernier né d’Apple semble d’ores et déjà voué à un avenir moins rose que l’iPhone.

Car sur le Web, Flash est omniprésent. Alan Tam, responsable marketing de Flash chez Adobe lance ainsi la contre-offensive : « 85% des sites Web et 75% des vidéos sur Internet utilisent Flash. Grâce au Flash, la tablette HP Slate permet d’accéder à l’ensemble du Web. »

Dans la vidéo ci-dessous, Adobe et HP enfoncent le clou et tapent là où Apple a sans doute commis une grave erreur stratégique. Désormais, les consommateurs devraient y réfléchir à deux fois avant d’acheter l’iPad. Et l’on imagine fort probable que même les fidèles mangeurs de pomme hésiteront avant d’acheter une tablette qui, par nature, rend inaccessibles bon nombre de contenus sur le Web.

Surtout que d’autres fabricants ne tarderont pas à présenter leurs propres tablettes, Microsoft, Asus et Acer en tête. Nintendo pourrait même entrer dans la danse avec une DS XL. Il faudra sans doute attendre de voir les capacités de ces autres supports avant de décerner l’oscar de la meilleure tablette. Un prix qui semble en tout cas s’éloigner de Cupertino, le siège social d’Apple.

L’iPad au centre des débats entre Apple et Adobe Flash

Mardi 23 février 2010

adobe flash apple ipad 300x207 LiPad au centre des débats entre Apple et Adobe FlashLancé en grande pompe il y a quelques semaines, l’iPad se trouve au centre d’un polémique, voire d’une véritable guerre entre Apple et l’éditeur de la technologie Flash, Adobe. Steve Jobs, le patron d’Apple, le répète à l’envie : la technologie d’animation web est obsolète et, surtout, elle serait à l’origine de bugs qui feraient planter l’iPad. Verdict : la tablette numérique ne supportera pas les fichiers en Flash.

Mais la charge ne s’arrête pas là : Flash consommerait beaucoup trop de ressources processeurs, réduirait les performances de la batterie de l’iPad, présenterait des failles de sécurité et, surtout, serait en passe d’être remplacé par le HTML 5. Rien que ça ! En d’autres termes, le langage de programmation phare d’Adobe est bon à jeter à la poubelle, et le rendre compatible avec l’iPad serait une pure perte de temps.

Steve Jobs pousse le bouchon jusqu’à dire devant le Wall Street Journal que « Flash est un porc pour le processeur » et est aussi dépassé que les lecteurs de disquettes. C’est là l’une des nombreuses attaques portées contre Flash, toujours en petit comité dans le cadre de conférences de presse privées.

Preuve que Jobs s’avère être un homme d’affaire redoutable et ne recule devant aucun procédé pour arriver à ses fins. Si les sites lus sur l’iPad continuent d’utiliser la technologie d’Adobe, le dernier né d’Apple ne pourra afficher de nombreux contenus. Steve Jobs le sait et, à défaut de rendre l’iPad compatible avec Flash, il invoque les limites de cette technologie.

Mais n’y a-t-il pas un peu de mauvaise foi dans ces propos qui imputent à Adobe tous les maux du monde ? Le temps de cet article, faisons-nous l’avocat d’Adobe et reprenons, un à un, les arguments avancés par le patron d’Apple.

Sur le plan de la consommation d’énergie, les propos de Steve Jobs ne sont pas forcément dénués de sens. Flash est une plateforme qui, dans un souci de compatibilité, ne tire pas profit de la mémoire des cartes vidéo. Cette technologie consomme donc des ressources processeurs et, donc, énergétiques. Mais Flash est tout aussi gourmand que d’autres lecteurs de vidéo. Pointer Flash uniquement est réducteur, pour ne pas dire trompeur. Le blog ValleyWag le souligne d’ailleurs, précisant que les dix heures d’autonomie de l’iPad sont une utopie lorsqu’il s’agit d’afficher des formats vidéo.

Sur le plan de la compatibilité, Flash est utilisé par de nombreux lecteurs vidéo. C’est ainsi en Flash que sont développés les lecteurs de deux sites les plus importants en la matière : Youtube et Dailymotion. Une technologie vieille, dépassée et obsolète aurait-elle les faveurs de ces géants du web ?

Au contraire, l’utilisation du HTML 5 et de la balise < video > n’est pas lue par tous les navigateurs et est de toute façon beaucoup moins répandue que le Flash. Quand c’est le cas, ils ne le font pas de la même façon, en fonction du codec vidéo installé. Par exemple, Safari (le navigateur web d’Apple) et Chrome supportent le H.264 tandis que Firefox et Opera prennent en compte l’Ogg Theora.

Mais ce qu’oublie de préciser Jobs, c’est le format vidéo haute définition H.264 est une technologie brevetée nécessitant une licence d’exploitation qui ne permet pas de développer les mêmes environnements que Flash (animations, jeux, portfolios etc.). Surtout, ce format implique d’importants surcoûts là où Flash tend à l’économie.

De plus, limiter Flash à la seule lecture de vidéos est une nouvelle erreur. Cette technologie est utilisée par de nombreuses applications, comme les publicités dynamiques. On imagine mal les publicitaires revenir à l’ère du statique pour faire plaisir à Steve Jobs, celui-ci semblant perdu dans une réalité qui n’est que la sienne.

Accuser Flash de causer des bugs sur les Mac et qualifier par la même occasion les développeurs d’Adobe de fainéants est encore un faux problème. Ces-derniers l’ont d’ailleurs rappelé : Flash fonctionne parfaitement sur de nombreuses autres machines d’autres marques. Que Flash ne soit pas parfait est une chose, mais Apple inverse les rôles là où ses développeurs devraient plancher sur la compatibilité de leurs machines avec la technologie Flash. Une éventualité à laquelle Steve Jobs préfère l’attaque frontale.

Enfin, sur le plan de la sécurité, quel logiciel aussi répandu que Flash n’est pas bogué et ne présente pas de failles de sécurité ? Les hackers ne manquent pas d’imagination pour pirater n’importe quel code informatique. Mais réduire le problème à Flash est indigne d’un grand professionnel de l’informatique comme l’est Steve Jobs.

Si les raisons invoquées ne semblent donc pas si solides, c’est parce qu’il faut voir dans ce procès fait à Flash d’autres intentions, inavouées celles-là.

La première motivation de l’attaque contre Flash est que ce langage n’est pas ou peu compatible avec les fonctions tactiles de l’iPad comme le souligne Morgan Adams, développeur spécialiste de Flash. La cause est une propriété fondamentale de Flash, le « mouseover », qui change l’affichage d’un objet au survol de la souris. Or, que ce soit sur iPhone ou iPad, il n’y a pas de curseur. Il est donc impossible de déployer les objets survolés par cet hypothétique curseur. Quoiqu’il en soit, Apple pourrait décider d’afficher Flash même si dans la plupart des cas, l’utilisateur ne pourrait pas interagir avec le contenu.

Quel que soit le succès rencontré par les produits d’Apple, l’iPhone en tête, il parait peu probable qu’ils finissent par remplacer nos bons vieux ordinateurs de bureau et autres portables. La solution idéale serait qu’Adobe et Apple travaillent de concert pour rendre le mouseover compatible sur iPhone et iPad. D’ailleurs, le rendu de la fonction Javascript mouseover est à peu de choses près supporté sur iPhone.

Mais les récentes invectives de Steve Jobs à l’encontre d’Adobe ne laissent guère présager une future collaboration entre les deux firmes.

Notamment quand on évoque une seconde raison de cette bataille à mort dans laquelle semble s’être lancé le patron d’Apple : on compte plus de 140.000 applications disponibles sur iPhone, parmi lesquelles de nombreux jeux vendus sur l’App Store. Or, Flash est largement utilisé pour créer de petits jeux gratuits parfois très populaires, et qui empièteraient donc sur les plates-bandes d’Apple. Steve Jobs écarte d’emblée cette concurrence là sous couverts d’arguments purement opportunistes.

Dans tous les cas, cette polémique fait parler de l’iPad et c’est bien là le premier soucis de Steve Jobs qui, en plus d’écarter la concurrence de Flash d’un revers de main, s’offre le luxe d’une belle campagne de promo gratuite à-travers ce buzz.

Apple pourrait faire de Bing le moteur de recherche par défaut de l’iPhone

Jeudi 21 janvier 2010

iphone application bing 275x300 Apple pourrait faire de Bing le moteur de recherche par défaut de l’iPhoneLa nouvelle peut paraître inconcevable tant Apple et Microsoft se livrent un combat âpre depuis de nombreuses années. Mais à y regarder de plus près, elle n’est pas si surprenante au vu des derniers changements intervenus dans l’univers de l’informatique et de la téléphonie mobile, notamment le prochain lancement de Nexus One, le téléphone mobile de Google.

On a coutume de dire que les ennemis de mes ennemis sont mes amis. C’est peut être là qu’il faut aller chercher la motivation de cette alliance entre les créateurs de l’iPhone et de Bing. Apple et Microsoft sont certes des concurrents historiques sur le marché de l’informatique. Mais l’arrivée de Google a changé la donne. Depuis que le géant du Web s’est mis en tête de grignoter des parts de marché ailleurs que sur le Web (navigateur internet, système d’exploitation etc.), toute nouvelle avancée du groupe est suivie avec une certaine appréhension par ses concurrents.

En la matière, la récente annonce des fonctionnalités du Nexus One en fait le futur concurrent direct de l’iPhone. C’est sans doute là la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et conduit à cet improbable rapprochement entre Apple et Microsoft.

Pas si improbable que ça d’ailleurs, puisque ce ne serait pas la première fois que ces deux pionniers de l’informatique collaborent dans la mesure où Microsoft propose une version de la suite Office pour Mac.

Même si les porte-paroles des deux groupes, Katie Cotton et Frank Shaw, ont refusé de commenter cette rumeur, celle-ci n’a de cesse d’enfler. Les deux groupes auraient en effet entamé des pourparlers depuis plusieurs semaines, sans doute à l’initiative de Microsoft. La société de Bill Gates cherche à tisser des partenariats de manière à imposer son moteur de recherche Bing comme une véritable alternative à Google. A ce titre, notons que Bing dispose de sa propre application iPhone depuis le mois de décembre dernier.

Aujourd’hui, les parts de marché de la recherche sur téléphone mobile s’élèverait à 11% pour Bing, contre 86% pour Google (chiffres Nielsen Co).

A fortiori, le but est de frapper Google là où ça fait le plus mal. Au portefeuille.

Google tire la plupart de ses revenus de son programme de publicité, Google Adwords. A l’heure actuelle, même s’il souhaite diversifier son offre et investir sur de nouveaux terrains, le chiffre d’affaire du groupe est donc intimement lié à son moteur de recherche.

C’est précisément à ce niveau que la collaboration entre Apple et Microsoft s’explique. Si Microsoft cherche à augmenter ses revenus publicitaires grâce au moteur Bing, Apple a récemment acheté le réseau publicitaire pour mobiles Quattro Wireless. Il cherche donc à contrer Google qui, lui, possède son propre système de publicités sur téléphones mobiles, AdMob.

Pour comprendre l’ampleur du coup porté à Google, il suffit de se pencher sur les bénéfices tirés par Google de la téléphonie mobile : plus de la moitié viendraient de l’iPhone. C’est donc une lutte à mort qui s’engage. Du moins, ça en a tout l’air.

Si Apple avait tout intérêt à proposer les services de Google pour les débuts de l’iPhone en 2007, bénéficiant ainsi de la popularité des services du géant du Web, les circonstances ne sont plus du tout les mêmes.

Le Nexus One et le système d’exploitation pour mobile Android de Google se posant comme concurrents directs de l’iPhone, pourquoi Apple continuerait de proposer Google comme moteur de recherche par défaut tandis que la firme de Mountain View cherche à lui faire de l’ombre sur le marché du portable ?

D’autant que des sources proches du dossier souhaitant garder l’anonymat révèlent que Microsoft n’hésiterait pas à payer plus que Google pour voir Bing devenir le moteur de recherche par défaut de l’iPhone. Difficile de savoir à quelle hauteur se situerait un tel accord, puisque Google et Apple se sont toujours refusés à révéler les termes financiers de leur partenariat.

Toujours est-il que depuis août 2009 et le départ du conseil d’administration d’Apple du patron de Google, Eric Schmidt, la hache de guerre semble avoir été déterrée.

En outre, Google est également le moteur de recherche par défaut de Safari, le navigateur web d’Apple. Il ne serait pas étonnant que Microsoft fasse du lobbying pour imposer Bing sur Mac également.

Clayton Moran, analyste au cabinet Benchmark, appuie de son côté la crédibilité de cette rumeur : « Apple voit Android comme une plate-forme concurrente, attirant des appareils concurrents, et sait que Microsoft a désespérément besoin de gagner des parts de marché dans les moteurs de recherche. Je suis sûr que Microsoft va proposer à Apple une offre économique si favorable stratégiquement et financièrement que cela aura du sens pour Apple. »

Cela dit, rien n’interdit de penser qu’Apple souhaite développer à terme son propre moteur de recherche. L’alliance avec Microsoft serait alors un moyen de gagner du temps et, surtout, de ne pas laisser Google prendre une position dominante sur ce marché. Pas si étonnant finalement, alors surtout que Microsoft cherche aussi à investir le marché de la téléphonie mobile avec Windows Mobile.

Reste maintenant à savoir si les consommateurs s’y retrouveront. Un utilisateur habitué à Google pourrait ne pas trouver Bing à son goût même s’il faut avouer que les dernières améliorations apportées à Bing le rendent plutôt agréable à l’utilisation.

Hollywood se lance dans la vente en ligne de fichiers vidéo pour contrer le piratage sur le Web

Lundi 11 janvier 2010

digital entertainment content ecosystem web 300x225 Hollywood se lance dans la vente en ligne de fichiers vidéo pour contrer le piratage sur le WebCes dernières années, l’industrie du film en général et Hollywood en particulier ne se souciaient pas trop du Web. Naturellement protégée par la taille des fichiers, a contrario de l’industrie du disque ou de la Presse, Hollywood n’avait pas de besoin impérieux de trouver une parade au téléchargement illégal ou au streaming. Il faut désormais conjuguer ce constat au passé car désormais, l’industrie du cinéma songe à se doter d’armes pour contrer le piratage car, progrès technologiques obligent, quelques minutes suffisent désormais pour télécharger ou visionner un film sur le Web.

La semaine dernière, Hollywood a donc lancé deux systèmes pour vendre en ligne des films et des séries télévisées. Les initiatives sont plutôt bien pensées et ont pris compte des erreurs commises par d’autres industries dans le passé comme nous le verrons dans cet article, mais elles sont peut être déjà trop tardives.

D’après le groupe Adams Media Research, le téléchargement légal aux Etats-Unis n’a atteint « que » 250 millions de dollars en 2009. Dans bon nombre d’autres pays, il n’y a d’ailleurs aucune offre légale pour télécharger un film ou une série TV. Ce marché semble donc ne pas intéresser les acteurs concernés… Sauf que les ventes de DVD, le support qui a fait la fortune d’Hollywood cette dernière décennie, sont en chute libre. De 12 milliards de dollars en 2004, elles sont passées à 8,7 milliards en 2009.

Un format unique et multiplateforme pour faire oublier la VOD

Le regain d’intérêt pour le marché de la location peut expliquer en partie ce phénomène, certaines sociétés, comme Netflix, proposant par exemple un abonnement mensuel permettant de visionner des films de manière illimitée. Au-delà de ça, la concurrence au DVD se trouve bien sur le Web. Il existe d’innombrables sites de téléchargement illégal, et fermer un site ne résout rien : la fin de Napster n’aura pas sauvé l’industrie du disque de bilans catastrophiques puisqu’en matière de sites pirates, la règle est « un de fermé, dix de retrouvés ». Il faut donc proposer au consommateur une solution alternative qui soit aussi attractive, afin de justifier que l’on paye pour obtenir ce que l’on pourrait avoir gratuitement ailleurs, même illégalement.

Le Digital Entertainment Content Ecosystem (DECE) ne s’y trompe d’ailleurs pas, puisque ce consortium regroupant entre autres les plus grands studios d’Hollywood (Fox, Warner, Paramount, Universal, Lionsgate) et les fabriquants de DVD (Sony, Samsung, Philips, Panasonic etc.) est parvenu la semaine dernière à un accord sur un format unique lisible sur toutes les plateformes disponibles (ordinateur, TV, téléphone mobile, console de jeu etc.) et sur la mise en place d’une structure unique qui sera chargée de garder toutes les traces des achats de films afin de les rendre accessibles sur les autres plateformes disponibles.

Le but : rendre la vente en ligne de films et séries TV plus attrayante pour le consommateur. La vidéo ainsi vendue en ligne pourra être regardée sur plusieurs plateformes et, dans la mesure où elle ne sera pas téléchargée mais stockée sur un serveur distant, l’utilisateur n’aura pas à la transférer de lecteur en lecteur.

A noter que parmi les autres participants à ce projet, on retrouve Microsoft, Adobe, HP, Intel.

Mitch Singer, patron du DECE, cherche ainsi à créer un format unique et libre qui, comme le CD ou le DVD, encouragerait la compétition et l’innovation. Il assure par ailleurs que le système sera opérationnel d’ici quelques mois.

Ce choix reflète bien entendu la volonté manifeste de ne pas répéter le flop de la VOD (« video on demand), dû selon certains à la multiplicité des formats et des restrictions.

Un avis que semble partager le studio Disney, seul géant de l’industrie à ne pas se trouver dans le consortium DECE. Début janvier, le groupe a lui aussi annoncé le lancement de KeyChest, son système de format vidéo unique.

Reste donc à savoir qui de Disney ou du consortium remportera l’adhésion des distributeurs et des consommateurs.

Car c’est bien là tout le sens de cette bataille dans laquelle viennent de s’engager les grands noms traditionnels de l’industrie du cinéma : ne pas laisser filer leur clientèle vers d’autres entreprises. Autrement dit, ne pas voir se répéter un scénario qui a vu Apple et Amazon prendre une position dominante sur les marchés du téléchargement légal de fichiers musicaux et du livre électronique (e-book). En occupant la première place de ces industries et en reliant les contenus à leurs propres matériels, l’iPod et Kindle, Apple et Amazon dictent désormais leur loi sur les médias traditionnels qui contrôlaient ces marchés, jusqu’à ce que le Web n’entraîne une redistribution des cartes.

Et c’est d’ailleurs là que le bas blesse car dans le nouveau schéma prévu par le DECE, Apple ne figure nulle part alors que la boutique en ligne d’iTunes propose déjà des téléchargements légaux de films et séries TV. Or, comment se passer d’Apple et des millions d’utilisateurs de ses produits (iPhone, iPod, Mac etc.) ? Une autre difficulté sera de convaincre les consommateurs de payer pour quelque chose d’immatériel, sans parler de l’épineux sujet du prix qui sera proposé : un prix trop bas et les studios d’Hollywood y verront une menace pour la survie du DVD tandis qu’un prix trop élevé conduira très certainement les gens à louer les films ou à les télécharger… illégalement.

Le système d’exploitation Chrome OS enfin dévoilé par Google

Dimanche 22 novembre 2009

google chrome os 300x194 Le système d’exploitation Chrome OS enfin dévoilé par GoogleMoins de cinq mois après l’annonce du lancement de son système d’exploitation, Google a levé le voile la semaine dernière sur Chrome OS, dont le lancement est toujours prévu pour la fin de l’année 2010. Largement inspiré de son navigateur web, le logiciel se veut à la fois minimaliste et ultra performant pour tout ce qui se rapporte à l’Internet. Petit tour d’horizon des fonctionnalités de ce nouvel OS et des critiques qui ont d’ores et déjà commencé à pleuvoir à son sujet.

Google n’entend pas entrer en concurrence directe avec Microsoft ou Apple, Chrome devant équiper principalement les netbooks dépourvus de disque dur et donc s’adresser aux utilisateurs désirant surfer sur Internet. Toutes les données seront ainsi stockées sur le Web, le navigateur internet devenant ainsi le logiciel le plus important de l’ordinateur, Chrome OS s’installant quant à lui en mémoire Flash, favorisant ainsi un démarrage extrêmement rapide.

L’utilisateur à la recherche d’un portable peu coûteux pour surfer sur le Web sera naturellement attiré par la simplicité, la rapidité, et les coûts réduits des machines équipées par l’OS du géant américain de l’Internet. Pour le reste par contre, les possibilités offertes par Chrome se trouvent assez limitées, même s’il faut noter qu’il n’est a priori pas destiné à remplacer son système d’exploitation mais plutôt à l’accompagner.

Anders Sandholm, chef de produit Chrome OS chez Google, est d’ailleurs dithyrambique sur le dernier né de Google. Mais il ne faut pas s’y tromper : celui-ci a de nombreux défauts et est loin d’être aussi révolutionnaire qu’annoncé.

Dérivé de Linux, le code source de Chrome OS devrait être rapidement disponible, comptant ainsi sur la communauté Internet pour le développer et l’améliorer tout au long de son existence. La première question qui vient en tête est bien évidemment l’utilité de ce système d’exploitation qui ne permet que la navigation sur Internet. Certes le Web a pris une place prépondérante sur les ordinateurs du monde entier, mais il reste encore bon nombre d’applications qui lui sont étrangères.

Alors même si Anders Sandholm y voit là « une façon totalement nouvelle d’utiliser un ordinateur », pas sûr que ce soit la bonne. Non seulement l’utilisateur sera limité par le champs d’action propre à l’OS, mais il lui sera par ailleurs impossible d’installer d’autres applications. Google semble donc vouloir imposer l’utilisation de ses propres outils comme Gmail ou Google Documents. Le même Sandholm ne s’en cache d’ailleurs pas puisqu’il affirme « qu’en améliorant l’expérience des utilisateurs avec Chrome OS, ils auront encore plus envie d’utiliser les services Google ». De là à en tirer la conclusion que ce nouveau système d’exploitation n’est qu’un prétexte pour assurer la promotion des autres service de Google, il n’y a qu’un pas…

Exit Word ou Excel, Chrome propose de tout faire sur la même fenêtre. L’idée est innovante, et le concept a d’ailleurs inspiré Microsoft avec les Office Web Apps de la version 2010 d’Office, mais qu’en est-il pour les personnes n’ayant pas de connexion Internet haut débit ou ne disposant pas toujours de connexion lorsqu’elles se trouvent en déplacement ? Les utilisateurs seront-ils prêts à conserver toutes leurs données sur la toile ? Pas sûr au moment où les critiques à l’égard de Google et de son aspect « Big Brother » se font de plus en plus courantes. A ce titre, il faudra que Google donne des garanties suffisantes en termes de sécurité.

D’autre part, quelle sera la richesse des applications web offertes sur l’OS, et indispensables à faire fonctionner Chrome ? Google reconnaît lui-même que l’on ne pourra pas tout faire avec un netbook Chrome.

Dans ces conditions, pas sûr que les acheteurs de netbooks préfèreront s’enfermer dans un navigateur plutôt que de devoir payer la licence de Windows, d’autant plus que Chrome bouleversera totalement leurs habitudes. La solution idéale restant d’utiliser Linux, car l’OS réunit tous les atouts : gratuit, open source et disposant d’une large gamme de logiciels, gratuits eux aussi. Séduisant sur le papier, pas sûr donc que Chrome saura convaincre le grand public.

ci-dessous une vidéo (en anglais) de présentation du système d’exploitation Google Chrome OS