Archive pour mai 2010

The Pirate Bay sauvé du naufrage par un parti politique suédois

Mercredi 19 mai 2010

the pirate bay logo webdesign 264x300 The Pirate Bay sauvé du naufrage par un parti politique suédoisAprès avoir été coupé pendant une vingtaine d’heures suite à une injonction venue d’Allemagne et plus précisément du tribunal de Hambourg, le site web « The Pirate Bay » est réapparu en ligne grâce à un nouvel allié politique : le Parti Pirate suédois. Alors que son hébergeur, CyberBunker, avait été contraint de couper la bande passante du site sous peine de supporter de lourdes amendes, le parti politique suédois a décidé de prêter main forte au site Pirate Bay, défiant ainsi les studios d’Hollywood à l’origine de la plainte (Disney, Paramount, Columbia, Warner Bros., Twentieth Century Fox, Universal).

L’union entre les deux entités a tout d’un mariage de raison puisque l’on sait leurs dirigeants proches. En plus de faire un véritable pied de nez aux ayant-droits, c’est à un véritable débat juridique auquel se préparent le parti politique et le site internet. Cerise sur le gâteau, le parti, dont un membre a été élu au Parlement européen, s’assure ainsi une belle campagne de pub à quelques mois d’élections en Suède.

Fondé en 2003, le site web « The Pirate Bay » met à disposition de ses utilisateurs un moteur de recherche permettant de partager et trouver des liens de fichiers bit torrent de téléchargement de films ou de jeux vidéos notamment. Avec quelques 4,3 millions d’utilisateurs inscrits, le site est également l’un des plus populaires au monde en matière de partage de fichiers.

Aucun contenu piraté ne se trouve sur le serveur du site, argument retenu pour ressusciter le portail. Un argument qui, en tout les cas, n’a pas empêché la justice suédoise de condamner les fondateurs du site à environ 7 millions d’euros et un an de prison pour avoir assurer la promotion de fichiers violant les droits de propriété. Un appel est en cours.

C’est d’ailleurs l’argument avancé par le leader du Parti Pirate, Rick Falkvinge : « fournir de la bande passante à un moteur de recherche est totalement légal. Pirate Bay est une page de recherche et, en tant que tel, n’est pas responsable des résultats affichés. Nous sommes fatigués par Hollywood, qui joue au chat et la souris avec Pirate Bay. Il est temps de prendre le taureau par les cornes et soutenir une activité que nous considérons légitime. Les exigences de fermer le site internet Pirate Bay ne sont rien d’autre que de la censure politique, et par conséquent une proposition que tout démocrate doit rejeter. »

Le parti pirate suédois fut créé en janvier 2006 par réaction à des lois incriminant le partage de fichier d’un côté, et autorisant une surveillance accrue du Web de l’autre.

Maniant l’humour, l’ironie et la provocation, le blog du site web prévient ses détracteurs : « Apprenez que Pirate Bay ne peut être fermé », se comparant à un navire insubmersible riant au nez des tentatives futiles destinées à le couler. L’image choisie pour illustrer la page d’accueil du site, reproduite ci-dessous, est quant à elle assez explicite.

Il est vrai que si Hollywood voulait accroître la popularité de Pirate Bay, il ne s’y prendrait pas autrement…

pirate bay cat lol 300x258 The Pirate Bay sauvé du naufrage par un parti politique suédois

Obama : les nouvelles technologies sont un danger pour la démocratie

Jeudi 13 mai 2010

obama hampton 279x300 Obama : les nouvelles technologies sont un danger pour la démocratieLors d’un discours à l’université d’Hampton dimanche 9 mai, le président Barack Obama a accusé les nouvelles technologies d’être une contrariété pour la démocratie américaine. Dans le viseur du prix Nobel de la paix 2009, les iPad, iPod et autres consoles de jeux (Xbox, Playstation). En leur reprochant de transformer l’information en distraction, le locataire de la Maison Blanche n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions sur le Web et la blogosphère.

Ahurissante. Incompréhensive. Grotesque. Autant d’adjectifs pour qualifier la prise de position du président américain face aux étudiants de cette université de Virginie : « avec les iPod, les iPad, les Xbox et Playstation, dont j’ignore comment chacun d’eux fonctionne, l’information devient une distraction, une diversion, une forme d’amusement plutôt qu’un outil d’épanouissement ou un moyen d’émancipation. »

Barack Obama déplore par ailleurs que « certaines informations les plus folles puissent rapidement être amplifiées par des blogs et les réseaux sociaux. Tout cela non seulement met de la pression sur chacun de nous, mais aussi sur notre pays et notre démocratie. »

Ce qui surprend d’abord, c’est l’opportunité du jugement d’un homme, fusse-t-il le plus puissant, qui reconnaît candidement ne pas savoir comment fonctionnent des technologies qu’il accable de maux démesurés. Certes l’iPad, l’iPod ou les consoles de jeux ne révolutionneront jamais l’histoire de l’humanité, mais de là à y voir un danger pour la démocratie, il y a un monde.

Ensuite, Barack Obama est-il vraiment le mieux placé pour attaquer de front les nouvelles technologies ? N’avait-il pas fait de son compte Twitter un moyen de promouvoir sa campagne électorale ? Le camp démocrate n’avait-il pas acheté de la publicité dans des jeux vidéo durant cette même campagne ? N’est-ce pas le même homme qui avait offert un iPod à la reine d’Angleterre Elizabeth II ?

La critique que l’on peut enfin faire sur ce discours, c’est qu’en faisant des nouvelles technologies et du Web un péril démocratique, le président se trompe de cible de façon maladroite. Ces nouveaux supports ne sont qu’un relai de l’information. Autrement dit, ce sont les contenus eux-mêmes qui devraient se trouver dans le collimateur de Barack Obama. La dénonciation aurait alors pris un autre sens. Plus compréhensible ; plus logique également.

Il y a quelques mois d’ailleurs, Barack Obama avait incité les jeunes à ne pas publier n’importe quoi sur le réseau social Facebook, louant toutefois l’influence de Google, Twitter et Facebook et allant même jusqu’à élever leurs fondateurs au rang de ceux qui ont combattu pour les droits civiques. En l’occurrence, il s’agissant donc bien d’une mise en garde contre les contenus publiés et non pas contre Facebook lui-même. Le président américain aurait été plus inspiré s’il avait repris cette distinction entre des contenus répréhensibles et dangereux d’une part, et les supports sur lesquels ils peuvent être consultés d’autre part.

Frédéric Mitterrand nominé aux Big Brother Awards

Mardi 11 mai 2010

big brother awards hadopi loppsi 212x300 Frédéric Mitterrand nominé aux Big Brother AwardsLes Big Brother Awards épinglent les personnes, sociétés et institutions qui ont le plus porté atteinte à la vie privée au cours de l’année passée. Frédéric Mitterrand est ainsi nominé aux côtés de Facebook et autres Google pour les 10 ans des « récompenses » dont le palmarès sera révélé sur le site web BigBrotherAwards le 29 mai prochain (cf. l’affiche de Cyril Cavalié).

Mais dans quelle galère s’est-il embarqué ? En reprenant le flambeau laissé par Christine Albanel, désormais à la tête de France Telecom, Frédéric Mitterrand doit supporter le lourd héritage laissé par l’ancien ministre de la culture, à savoir celui de défendre une loi Hadopi dont Nicolas Sarkozy semble avoir fait l’une de ses priorités. C’est vrai que les faux problèmes de trésoreries des majors du disque sont l’une des préoccupations majeurs des français…

A travers cette loi ô combien décriée, le neveu du seul président socialiste de la cinquième république est devenu la cible préférée des blogueurs et autres sites internet voulant croire à un internet libre. Le site BigBrotherAwards se demande ainsi s’il faut « surveiller, filtrer et censurer le Net comme le fait la Chine ? Les droits d’auteur sont-ils plus importants que les droits de l’homme ? Comment qualifier une loi qui instaure la présomption de culpabilité, et oblige les citoyens à installer un mouchard (payant) sur leurs ordinateurs afin de se transformer en leur propre « Big Brother » en leur expliquant qu’ainsi, il leur sera plus facile d’apporter les preuves de leur innocence ?« 

Le site web va plus loin en rafraichissant des mémoires parfois trop sélectives : ces mêmes ministres et hauts fonctionnaires qui se font les critiques d’un piratage sans foi ni loi, ont été les premiers concernés « en faisant la promotion d’un site de « piratage » sur jaimelesartistes.com, mais également en « piratant » des chansons (l’UMP), en « piratant » un reportage pro-Sarkozy en DVD (l’Elysée), en « piratant » articles et dessins de presse (Frédéric Lefebvre), en « piratant » l’encyclopédie Wikipedia (le ministère de la Culture), en « piratant »une pétition pro-Hadopi (la Sacem), en « piratant » un reportage au JT ainsi que des emails privés (TF1)… L’Hadopi elle-même, a peine installée dans ses nouveaux bureaux (situés dans une rue portant le nom d’un « corsaire »), n’a pas hésité à « pirater » la police de caractère copyrightée qu’elle comptait pourtant déposer à l’INPI.« 

Pire, dans la catégorie « Etats et élus » dans laquelle il concourt, Frédéric Mitterrand se retrouve aux côtés de l’horripilante Nadine Morano, du non moins controversé Brice Hortefeux pour ses prises de position en faveur de la vidéo-surveillance, ou, surprise, de Roselyne Bachelot et de son incompétence notoire : non-contente d’avoir été pointé du doigt pour sa gestion plus qu’approximative de la désormais célèbre affaire du virus H1N1, dite « grippe mexicaine », la ministre de la santé fait coup double grâce au fichier compilant les données personnelles des français vaccinés.

Dans les autres catégories, huit au total, on retrouve notamment la société française Pages Jaunes qui, en rachetant le réseau social 123people, rend public bon nombre d’informations relevant de la vie privée.

Thierry Lhermitte est lui aussi nominé à la catégorie Internet pour avoir racheté 50% de parts sociales de la société TMG (Trident Media Guard), entreprise sélectionnée par l’Hadopi pour « fliquer les ordinateurs de chacun de nos concitoyens« . Le site ne manquant pas l’occasion d’apporter une petite pique en passant : « la boite TMG qui faisait déjà un CA d’environ 1M€ en 2007 (source societe.com) offre 50% du capital à Thierry Lhermitte pour “seulement” 50k€ en juin 2009, puis gagne l’appel d’offre le 25/01/2010. Etrange qu’une société a priori sur un marché ultra porteur se brade ainsi…« 

Google, Facebook, et les services web de géolocalisation viennent compléter la liste de nominés pour cette catégorie.

Pour découvrir la sélection complète des Big Brother Awards dans les autres catégories, rendez-vous sur le site web dédié au palmarès. Ça vaut le détour !

Bernard Kouchner, le chevalier blanc du Web

Mardi 11 mai 2010

bernard kouchner 300x174 Bernard Kouchner, le chevalier blanc du WebDans une tribune publiée le 10 mai par le site web LeMonde.fr, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’impose comme le défenseur de l’Internet libre. Si les prises de position sur Internet sont monnaie courante chez les politiques, celle adoptée par le fondateur de Médecins Sans Frontière et champion du droit d’ingérence humanitaire surprend. C’est en effet une déclaration à contre-courant dont nous gratifie le ministre d’ouverture du Gouvernement Fillon. Et on ne va pas faire la fine bouche, car même si ses collègues poursuivent au contraire une politique de contrôle et de régulation du Web, c’est une véritable déclaration d’amour à laquelle se livre Bernard Kouchner.

« Internet, c’est l’outil le plus formidable de mise à bas des murs et des frontières qui enferment. Pour les peuples opprimés, privés du droit de s’exprimer et de décider de leur avenir, Internet apparaît comme un atout inespéré ». Le ton est posé, et à-travers sa plume, c’est la voix vibrante du ministre que l’on entend dans cette tirade s’inspirant de ses plus grands discours sur les Droits de l’Homme et la démocratie.

A contrario, c’est une attaque portée contre « ceux qui voudraient transformer Internet en une multiplicité d’espaces fermés et verrouillés au service d’un régime, d’une propagande et de tous les fanatismes ».

A l’instar de ses collègues du gouvernement, qui ont en effet pour habitude de prononcer des diatribes contre le Web (Frédéric Lefebvre ou Nadine Morano pour ne citer qu’eux), Kouchner dénonce également les opinions extrémismes, racistes, ou diffamatoires vues sur la Toile. Mais à la différence des susnommés qui ne semblent voir que du noir au tableau, le ministre des Affaires étrangères fait preuve de plus de nuance en jugeant ces dérives comme des exceptions.

Sans le dire explicitement, Bernard Kouchner fait en tout cas de la liberté d’expression et d’opinion des notions devant, in fine, primer sur des mesures qui reviendraient à transiger voire à transgresser avec ces principes fondamentaux.

Sur la surveillance du Web, Bernard Kouchner fait une distinction importante entre la nécessaire répression d’activités illégales et une surveillance en amont destinée, selon lui, à « traquer l’opposant potentiel ».

Sans la citer, on ne peut s’empêcher de penser que la célèbre muraille de Chine numérique est visée par un ministre réputé pour ses critiques à l’encontre de Pékin. Mais s’il a beau jeu de dénoncer « certains régimes qui se dotent de technologies de surveillance de plus en plus sophistiquées », Kouchner semble oublier qu’à l’Elysée même, certains conseillers du Président Nicolas Sarkozy ont, semble-t-il, plaidé contre l’anonymat sur internet et pour la surveillance des internautes dans le cadre de la loi Hadopi.

Mais au fond, même si un certain dogmatisme transparaît à l’évocation des Droits de l’Homme et de la démocratie, Bernard Kouchner se tourne dans la bonne direction, notamment lorsqu’il soutient le projet « long et difficile à mettre en œuvre » de « donner une traduction juridique à l’universalité d’Internet ». Gageons que le ministre défende par la même la diversité des opinions publiées sur la Toile, car c’est là une des raisons primordiale de la richesse et de l’intérêt d’Internet : la possibilité d’accéder à différents angles de lecture d’une même information.

Toutefois, si la tribune du 10 mai restera sans doute comme un évènement important, ne serait-ce que pour la réputation de son auteur, on ne peut s’empêcher de penser qu’à l’intérieur même de nos frontières, la politique menée n’est justement pas révélatrice de cet amour pour un Internet « universel, ouvert, fondé sur la liberté d’expression et d’association, sur la tolérance et le respect de la vie privée » que défend Bernard Kouchner. Le site Numerama le relève d’ailleurs très bien et dresse ainsi une liste peu glorieuse des récentes atteintes à cet Internet vertueux que nous présente un membre du Gouvernement : loi Hadopi censurée par le Conseil Constitutionnel car contraire à la déclaration des Droits de l’Homme, combat contre l’amendement 138 au Parlement européen, loi sur les jeux en ligne et le déréférencement de sites web, loi Loppsi sur le filtrage des sites Internet, délit de simple usage de données d’un tiers… La France n’est pas franchement irréprochable en la matière et les collègues du ministre des Affaires étrangères seraient bien inspirés de faire leur cette tribune, dans les faits bien entendu.

A l’heure où Frédéric Mitterrand est par ailleurs nominé aux Big Brother Awards, cette tribune sur Internet est finalement symptomatique de la cacophonie gouvernementale qui aura marqué le mandat de Nicolas Sarkozy et de sa politique d’ouverture.

Internet Explorer passe sous la barre des 60% de parts de marché

Mercredi 5 mai 2010

internet explorer web 150x150 Internet Explorer passe sous la barre des 60% de parts de marchéInternet Explorer reste le premier navigateur web en terme de parts de marché d’après les derniers chiffres publiés par Net Applications. Mais alors qu’il occupait un quasi monopole il y a encore quelques années, les internautes se tournent de plus en plus vers la concurrence. Ainsi, et c’est une grande première, IE vient de passer sous la barre des 60% de parts de marché dans le monde.

Evidemment le navigateur de Microsoft reste le premier, et de loin. Mais la tendance est à la baisse, et c’est même une baisse constante à laquelle on assiste puisque depuis janvier 2009, Internet Explorer est passé de 70% à 60% de parts de marché.

Les raisons sont multiples : déjà, la forte concurrence de Mozilla Firefox et Google Chrome, ce-dernier s’installant à une place de solide troisième, quelques mois après sa sortie. Mozilla semble voir son navigateur web s’accrocher aux 25% de parts de marché.

Par ailleurs, Microsoft doit désormais proposer un choix aux utilisateurs de ses systèmes d’exploitation quant au navigateur web qu’ils préfèrent utiliser. Ce n’était pas le cas avant, IE constituant le navigateur par défaut.

On peut dire également que les assertions de piratage subi par Internet Explorer n’ont rien arrangé à l’affaire. Et c’est un autre acteur de l’affaire, Google, qui semble en profiter le plus :

En 1 an, Google est passé de 1,8% de parts de marché contre 6,7% aujourd’hui.

Notons néanmoins que Microsoft devrait pouvoir se réconforter car en analysant les chiffres de plus près, on s’aperçoit que si Internet Explorer perd du terrain dans l’ensemble, la version IE8, elle, gagne des parts de marché. Toutefois, on est loin des 95% de 2002 et 2003 !
parts marche navigateurs web Internet Explorer passe sous la barre des 60% de parts de marché