Complice des R.G., « Big Brother 2.0 », qu’est ce qui a bien pu valoir au réseau social Facebook de se faire affubler de sobriquets pas toujours franchement flatteurs ?
Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, le réseau était à l’origine destiné aux seuls étudiants de cette université avant de s’ouvrir au reste du monde en septembre 2006 et de connaître le succès que l’on sait, avec plus de 300 millions d’inscrits. Facebook est aussi le 2ème site le plus visité au monde, derrière le géant et indétrônable Google.
Depuis quelque temps déjà , l’unanimité autour du site internet ne semble plus se faire, et du plutôt gentil « fesse bouc » on est passé à des surnoms plus acides. La raison principale est que Facebook est devenu un moyen d’espionner les gens ou, à tout le moins, ses utilisateurs. Bien entendu, Facebook n’est pas le seul réseau social dans ce cas, mais étant le plus connu c’est contre lui que se concentrent les critiques.
Les premières dérives à avoir suscité des levées de boucliers ont été les applications lancées par Facebook lui-même, avant que ce-dernier ne décide de faire machine arrière lorsque l’expérience présentait plus d’inconvénients que d’avantages, et notamment celui de nuire à l’image de marque du site. C’était le cas pour l’application Beacon, qui permettait aux amis d’un utilisateur de voir les achats en ligne de ce-dernier, ou encore la modification des conditions d’utilisation qui prévoyaient que les contenus publiés par les utilisateurs du site fassent l’objet d’une licence perpétuelle et irrévocable.
Mais c’est bien le côté « Big Brother » de Facebook qui lui attire désormais de nombreux reproches. Avant de poursuivre, je tiens à affirmer que je ne suis pas de ceux qui voient l’Internet comme un monde sans foi ni loi, ou encore un Far-West virtuel. Certes les règles que l’on se doit d’appliquer au Web doivent prendre en compte le particularisme de cet univers et son indéniable identité différente du monde « réel », mais toujours est-il qu’il faut un minimum de régulation pour ne pas tomber dans l’anarchie. Car celle-ci présente sans doute autant d’inconvénients que le flicage à outrance.
Dernièrement, c’est l’utilisation des informations publiées sur Facebook qui pose problème. Les Etats, ou du moins les administrations, s’en servent contre leurs administrés. Et elles ne sont pas les seules dans ce cas. Les agences de recrutement ne sont pas en reste. Presque la moitié des recruteurs américains ne s’en cachent d’ailleurs pas : ils utilisent Facebook pour dénicher des compléments d’informations sur les candidats dont ils reçoivent le profil.
Quelques illustrations sont dernièrement venues conforter ceux qui voient dans Facebook une extension, certes plus sympathique, du fichier EDVIGE.
En Norvège par exemple, une jeune femme qui disait élever ses deux enfants seule se présentait en concubinage sur un réseau social. Elle a ainsi été condamné à six mois de prison ferme après qu’une enquête eut confirmé qu’elle n’était pas célibataire.
En Belgique, deux étudiants se vantant de triche sur leur profil Facebook ont été épinglés par le conseil en charge des fraudes aux examens.
Au Canada, une femme en dépression a vu ses mensualités supprimées au prétexte qu’elle apparaissait heureuse sur les photos de son profil Facebook.
En France, les autorités déclarent ne pas tomber dans de telles dérives. Un peu comme le nuage radioactif de Tchernobyl qui s’était miraculeusement arrêté à nos frontières ? Sans doute. Car on voit mal comment nos administrations, fiscales notamment, résisteraient à la tentation de faire la preuve par Facebook à l’heure où celle-ci prospère à l’étranger. Nier semble donc relever de la plus grande hypocrisie qui soit.
Sur le plan juridique, la jurisprudence n’a pas encore eu le temps de faire son œuvre créatrice de droit, mais il semble que les informations issues du Web relèvent plus du simple indice que d’un élément de preuve à part entière. Jusqu’au jour où sans doute. Car on voit mal comment certains sites pourraient apporter des preuves juridiquement acceptables (je pense aux sites de Peer-to-peer et au dispositif de la loi HADOPI) tandis que d’autres ne seraient constitutifs que de simples indices…
Pour finir, je conclurais sur une note guère réjouissante : pour ceux qui pensent que Facebook protège leur vie privée et la confidentialité de leurs informations, ils se mettent le doigt dans l’œil ! Car pirater le site Facebook pour intercepter les données des utilisateurs se révèle être d’une simplicité biblique pour n’importe quel informaticien se penchant sur la question…
Archive pour novembre 2009
Facebook : le Big Brother 2.0 ?
Lundi 30 novembre 2009Création de logo pour le site immobilier Garden Island Phuket
Lundi 30 novembre 2009La création du nouveau logo de la société Garden Island, agence immobilière à Phuket, a été assurée par le pôle design de l’agence Webazia. En accord avec le client, nous avons souhaité refléter une image minimaliste, épurée, et reflétant d’une certaine manière le standing des propriétés vendues et louées par cet agent immobilier. Travailler son image est en effet capital pour toucher une clientèle haut de gamme, notamment dans le domaine de l’immobilier de luxe. Thaïlande… Immobilier… Il nous a paru naturel de retenir les courbes des toitures thaïs et le soleil de Phuket, une des qualités principales de cette île qui attire bon nombre de touristes chaque année. Le relooking complet du site est quant à lui en cours. Affaire à suivre, donc…
Le site : Garden Island Phuket
Le système d’exploitation Chrome OS enfin dévoilé par Google
Dimanche 22 novembre 2009
Moins de cinq mois après l’annonce du lancement de son système d’exploitation, Google a levé le voile la semaine dernière sur Chrome OS, dont le lancement est toujours prévu pour la fin de l’année 2010. Largement inspiré de son navigateur web, le logiciel se veut à la fois minimaliste et ultra performant pour tout ce qui se rapporte à l’Internet. Petit tour d’horizon des fonctionnalités de ce nouvel OS et des critiques qui ont d’ores et déjà commencé à pleuvoir à son sujet.
Google n’entend pas entrer en concurrence directe avec Microsoft ou Apple, Chrome devant équiper principalement les netbooks dépourvus de disque dur et donc s’adresser aux utilisateurs désirant surfer sur Internet. Toutes les données seront ainsi stockées sur le Web, le navigateur internet devenant ainsi le logiciel le plus important de l’ordinateur, Chrome OS s’installant quant à lui en mémoire Flash, favorisant ainsi un démarrage extrêmement rapide.
L’utilisateur à la recherche d’un portable peu coûteux pour surfer sur le Web sera naturellement attiré par la simplicité, la rapidité, et les coûts réduits des machines équipées par l’OS du géant américain de l’Internet. Pour le reste par contre, les possibilités offertes par Chrome se trouvent assez limitées, même s’il faut noter qu’il n’est a priori pas destiné à remplacer son système d’exploitation mais plutôt à l’accompagner.
Anders Sandholm, chef de produit Chrome OS chez Google, est d’ailleurs dithyrambique sur le dernier né de Google. Mais il ne faut pas s’y tromper : celui-ci a de nombreux défauts et est loin d’être aussi révolutionnaire qu’annoncé.
Dérivé de Linux, le code source de Chrome OS devrait être rapidement disponible, comptant ainsi sur la communauté Internet pour le développer et l’améliorer tout au long de son existence. La première question qui vient en tête est bien évidemment l’utilité de ce système d’exploitation qui ne permet que la navigation sur Internet. Certes le Web a pris une place prépondérante sur les ordinateurs du monde entier, mais il reste encore bon nombre d’applications qui lui sont étrangères.
Alors même si Anders Sandholm y voit là « une façon totalement nouvelle d’utiliser un ordinateur », pas sûr que ce soit la bonne. Non seulement l’utilisateur sera limité par le champs d’action propre à l’OS, mais il lui sera par ailleurs impossible d’installer d’autres applications. Google semble donc vouloir imposer l’utilisation de ses propres outils comme Gmail ou Google Documents. Le même Sandholm ne s’en cache d’ailleurs pas puisqu’il affirme « qu’en améliorant l’expérience des utilisateurs avec Chrome OS, ils auront encore plus envie d’utiliser les services Google ». De là à en tirer la conclusion que ce nouveau système d’exploitation n’est qu’un prétexte pour assurer la promotion des autres service de Google, il n’y a qu’un pas…
Exit Word ou Excel, Chrome propose de tout faire sur la même fenêtre. L’idée est innovante, et le concept a d’ailleurs inspiré Microsoft avec les Office Web Apps de la version 2010 d’Office, mais qu’en est-il pour les personnes n’ayant pas de connexion Internet haut débit ou ne disposant pas toujours de connexion lorsqu’elles se trouvent en déplacement ? Les utilisateurs seront-ils prêts à conserver toutes leurs données sur la toile ? Pas sûr au moment où les critiques à l’égard de Google et de son aspect « Big Brother » se font de plus en plus courantes. A ce titre, il faudra que Google donne des garanties suffisantes en termes de sécurité.
D’autre part, quelle sera la richesse des applications web offertes sur l’OS, et indispensables à faire fonctionner Chrome ? Google reconnaît lui-même que l’on ne pourra pas tout faire avec un netbook Chrome.
Dans ces conditions, pas sûr que les acheteurs de netbooks préfèreront s’enfermer dans un navigateur plutôt que de devoir payer la licence de Windows, d’autant plus que Chrome bouleversera totalement leurs habitudes. La solution idéale restant d’utiliser Linux, car l’OS réunit tous les atouts : gratuit, open source et disposant d’une large gamme de logiciels, gratuits eux aussi. Séduisant sur le papier, pas sûr donc que Chrome saura convaincre le grand public.
ci-dessous une vidéo (en anglais) de présentation du système d’exploitation Google Chrome OS
Google réinvente la recherche de biens immobiliers
Dimanche 22 novembre 2009Google Australie vient récemment de lancer un nouvel outil de recherche d’annonces immobilières en intégrant les résultats dans Google Maps. En combinant ce-dernier et la fonction de recherche, l’utilisateur pourra avoir accès à un certain nombre d’informations très intéressantes sur le bien retenu.
L’utilisateur pourra ainsi avoir l’emplacement exact de la propriété sur la carte, chercher d’autres annonces immobilières dans le voisinage, les heures de visites, des photos, vidéos, et bien sûr la possibilité de se promener virtuellement dans la rue où se trouve la maison ou l’appartement listé.
Le but de Google est bien évidemment de rendre plus facile la recherche de biens immobiliers. Pour voir comment fonctionne ce nouveau dispositif, il suffit de se rendre sur Google Australie et faire une recherche dans Google Maps (en anglais évidemment). Voici quelques exemples de résultats donnés sur le blog officiel de Google Australie et qui parlent bien plus que de longs discours.
Il ne reste plus qu’à attendre que l’expérience soit déclinée ailleurs que sur Google Australie, ce qui paraît très fortement probable.

Google suicide le PageRank
Jeudi 12 novembre 2009
On l’annonce depuis des années, le PageRank de Google ne serait qu’un attrape-nigaud et son influence serait en réalité bien moindre que la réputation acquise par lui au fil du temps. De nombreux blogs y sont allés de leur article, et d’une même voix annonçaient tous depuis belle lurette la mort du PageRank (PR), ou du moins son inutilité. Oui mais alors, pourquoi diable nombre de référenceurs professionnels se fondaient-ils toujours sur ce critère là pour mener leurs campagnes d’échanges de liens ? Pourquoi se targuaient-ils dans leurs brochures commerciales de pouvoir faire augmenter le PageRank d’un site ? Si ce satané PageRank n’avait eu que si peu d’importance, tous l’auraient ignoré. Tout simplement.
Si le PageRank a bel et bien été autrefois un indicateur de bon ou mauvais référencement, il n’y a désormais plus aucun rapport entre un bon positionnement sur Google et le trafic d’une part, et la popularité du site au regard de son PageRank d’autre part. J’en veux pour preuve les désormais rarissimes mises à jour du PageRank, Google ne le recalculant que tous les 3 ou 4 mois seulement ; les positions Google variant bien plus fréquemment, voilà une belle illustration que les deux ne sont absolument pas synchroniques.
On peut donc tout à fait avoir un site affublé d’un faible PageRank se référençant très bien, même pour des requêtes concurrentielles, et inversement avoir un fort PageRank sans que votre site soit bien positionné pour autant. Le PageRank est et reste avant tout un indicateur de la qualité des liens entrants vers votre site internet. Ce maillage étant par ailleurs déterminant pour améliorer le positionnement, le PageRank n’est donc aujourd’hui qu’une conséquence d’un maillage réussi et en aucun cas la cause ou la raison première d’un bon positionnement.
S’il n’est plus en effet, depuis longtemps, un indicateur de positionnement, il s’apparente désormais à un critère permettant aux sites disposant d’un fort PageRank d’effectuer des échanges de liens plus facilement. A tort ? Si on ne saura jamais comment les algorithmes des moteurs de recherche fonctionnent, je crois pour ma part qu’un échange de lien avec un site bien positionné, ayant de nombreux backlinks et complémentaire au vôtre sera toujours plus intéressant qu’un lien sur un site web avec un meilleur PageRank mais végétant dans les profondeurs du classement de Google.
Avant de poursuivre, il me semble de bon ton de réaffirmer ce qu’est ou était le PageRank : un simple critère parmi les 200 variables entrant en compte dans le calcul du SERP (Search Engine Ranking Position), mais surtout pas un critère déterminant comme beaucoup ont pu le croire. Et comme les légendes ont la vie dure, nombreux sont ceux qui sont d’ailleurs encore convaincus de la toute puissance du PageRank.
Personnellement, je crois que la prévalence du PageRank sur d’autres critères vient de son caractère « visible » et facile à mesurer, matérialisé par la fameuse petite barre verte. En d’autres termes, le PageRank n’est aujourd’hui rien d’autre qu’un instrument pour les débutants en référencement naturel, car soyons clairs, il ne signifie désormais rien du tout !
A tel point que Google lui-même vient d’asséner un coup fatal à l’élément le plus célèbre de sa barre d’outils.
En octobre dernier, la firme de Mountain View a officialisé la mort lente de l’outil créé par Larry Page, le cofondateur du géant du Web. Google vient en effet de décider que le PageRank ne ferait plus partie de ses outils pour Webmasters, et même s’il reste encore visible dans la barre d’outils de vos navigateurs, il est fort à parier que sa suppression définitive n’est qu’une question de semaines.
Susan Moskwa, Webmaster Analyst de Google, justifie ainsi cette décision : « Nous répétons depuis longtemps que les gens ne devraient pas se focaliser autant sur le PageRank ; de nombreux webmasters semblent penser que c’est la variable la plus importante à suivre, ce qui est tout simplement faux. Nous l’avons supprimé car nous avons estimé qu’il était ridicule de dire aux gens de ne pas y penser tout en continuant à l’afficher et donc les inciter à suivre ce critère. »
Cette mort du PageRank pourrait peut être trouver son explication dans le fait qu’il était devenu facilement manipulable via ce qu’on appelle le « PageRank sculpting » (littéralement, la sculpture de PageRank). Google porte ainsi l’estocade aux sites à forts PR proposant l’achat à prix d’or de backlinks sur leurs pages, pratique que les ingénieurs de la Silicon Valley cherchent depuis longtemps à réprimer et qui a même valu au PageRank d’être qualifié de PigeonRank. Malgré cette suppression prévisible, nul doute que Google et certains référenceurs dits « Black Hat »continueront à jouer au chat et à la souris, le premier cherchant à dénicher les pratiques « border line » des seconds.
Les noms de domaine perdent leur latin
Vendredi 6 novembre 2009
A partir de 2010, l’alphabet latin ne sera plus le seul alphabet disponible pour créer des noms de domaines. Si cette révolution était fortement attendue, l’annonce a été faite en fin de semaine dernière à Séoul par l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) dont le dirigeant, Dengate Thrush, s’est empressé de déclarer qu’il s’agissait du changement le plus important d’internet depuis 40 ans.
En effet, avec cette décision du vendredi 30 octobre 2009, on assistera bientôt à l’apparition de nombreux alphabets pour les noms de domaine (chinois, russe, arabe, hindi, cyrillique, hébreu, japonais etc.). Dans un premier temps toutefois, seules les extensions nationales (.ru, .cn, .jp…) seront concernées, les .com, .net et .org restant exclusivement en alphabet latin. Or, ces dernières extensions représentant sans trop de surprise la très grande majorité des 180 millions noms de domaines existant, le changement est en effet majeur, mais son champ d’action restera de fait limité. Jusqu’à quand ? Car on se doute bien qu’il s’agit là d’un test grandeur nature avant d’ouvrir plus largement l’accès de ces alphabets au Web. Le PDG de l’ICANN, Rod Beckstrom lançait ainsi à l’issue du vote « Ce n’est que la première étape, mais c’est une étape extrêmement importante et un changement historique en direction de l’internationalisation de l’Internet ».
Si le nom de domaine sera ouvert aux autres alphabets, les extensions devront quant à elle rester obligatoirement en typographie latine. Il faut également préciser que si les nouvelles URL apparaîtront sur nos écrans à partir de 2010, les procédures d’enregistrement commenceront dès le 16 novembre prochain.
Si cette nouvelle constitue évidemment un bouleversement particulièrement important, elle demeure logique dans la mesure où plus de la moitié des 1,6 milliards d’utilisateurs d’internautes n’utilisent pas l’alphabet latin. Et à l’heure où l’on parle de démocratisation du Web, cette réforme permettra un accès plus facile à des populations ne maîtrisant pas notre alphabet. Le patron de l’ICANN Rod Beckstrom ne s’y trompe d’ailleurs pas, puisqu’il souligne que cette nouvelle est « un petit pas pour l’ICANN, mais un grand pas pour la moitié de l’humanité qui n’utilise pas l’alphabet latin, comme en Corée, en Chine et dans le monde arabe ».
Au milieu de ce semblant d’unanimité, certains y voient une dérive communautariste quand d’autres dénonce la faille qui vient de s’ouvrir. En effet, de nombreux experts en sécurité informatique ont tiré la sonnette d’alarme en estimant que cette démarche ne faisait qu’accroître le nombre de risques sur la toile, notamment l’apparition de nouveaux sites de phishing (une lettre d’un alphabet en remplace une autre dans une URL jusqu’alors exclusivement latine, trompant ainsi l’internaute non vigilant).

Les sites de 